Je suis un joueur de jeux vidéo
Du plaisir à l'excès
Première industrie culturelle et créative devant le livre, le cinéma et la musique, en famille, entre amis, ou en solitaire, le jeu vidéo est largement démocratisé et quasiment incontournable !
Mais pourquoi tant de passion pour les jeux ?
Définir le jeu vidéo ne serait pas suffisant pour comprendre ce phénomène car on se limiterait à une liste non exhaustive de caractéristiques qui sont propres aux jeux (par ex., univers permanents, récompenses, compétition).
Ces caractéristiques des jeux vidéo ne sont pas les seules à expliquer notre manière de jouer.
En effet, autour des jeux, de nombreux éléments interagissent et vont engendrer des conduites de jeux particulières.
Notre personnalité et notre manière d’être par exemple. Elles vont influencer nos choix de jeu et la manière dont on s’engage dans le jeu.
Nous pouvons également jouer aux jeux vidéo pour un ensemble de motivations très variées : le plaisir, le divertissement, l’aspect social, passer le temps, s’évader, s’améliorer dans le jeu, la compétition, la curiosité, se sentir efficace, etc.
Le contexte dans lequel on peut jouer et l’offre de jeu (tels que le marketing autour des jeux, le nombre croissant de jeux accessibles sur Internet, les jeux gratuits, free to play ou pay to win, les notifications de jeu, …) vont eux aussi, avoir un impact sur notre comportement.
Alors, plutôt que de parler du jeu vidéo, peut-être qu’il serait plus intéressant de parler des « usages des jeux vidéo », d’évoquer ces différentes situations dans lesquelles on joue et de s’interroger sur les conséquences variées qui en découlent.
Le jeu vidéo est avant tout un loisir. Cependant, il arrive qu’on perde le contrôle de sa pratique de jeu et progressivement que l’on puisse rencontrer des difficultés.
Quelques repères existent (Organisation Mondiale de la Santé) et nous indiquent à quel point le jeu peut devenir excessif : perte de contrôle de son comportement vis-à-vis du jeu vidéo, priorité croissante donnée aux jeux vidéo venant dominer les autres aspects de la vie, poursuite ou escalade de la pratique de jeux vidéo malgré l’apparition de conséquences négatives (par ex., conflits familiaux en lien avec le comportement de jeu vidéo, faible performance scolaire et professionnelle, impact négatif sur la santé mentale et physique)
Attention ! Une pratique excessive ne signifie pas forcément une addiction ! … Mais il convient de rester vigilant à ce que cette pratique de jeu ne devienne pas problématique pour nous, ni pour notre entourage



Où j’en suis ?
Alors que l’entourage pourrait diaboliser le jeu vidéo, et qu’au contraire, les industriels développent des contenus de jeu pour nous encourager toujours plus dans ces pratiques, prenons le temps de prendre un peu de recul et d’observer nos propres comportements et attitudes envers le jeu.
Nous pouvons considérer notre pratique comme un continuum allant du simple plaisir à l’excès. La plupart du temps, on peut garder une pratique « raisonnable » du jeu. Mais il arrive que l’on glisse vers une pratique plus problématique. Cependant, rien n’est irréversible, on peut toujours reprendre le contrôle !
Et vous, vous vous reconnaissez dans les bulles ci-dessous ? Est-ce que vous vous êtes déjà dit des choses comme ça ?
Essayer de situer votre pratique de jeu sur cette ligne « je joue pas du tout, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie ».
à un score entre 3 et 7 correspond à du jeu à risque ; un score de 8 et plus correspond à du jeu excessif ; au-delà d’un score de 3 vous pouvez déjà vous questionner sur votre conduite de jeu.
Vous pouvez essayer également de vous situer parmi le jeu plaisir, jeu à risque, jeu excessif selon le tableau ci-dessous.

Si vous souhaitez évaluer de manière plus précise votre pratique de jeu, vous pouvez remplir le questionnaire Game Addiction Scale (GAS) (Khazaal et al., 2016 pour la version française*)
Vous pouvez également prendre le temps de vous poser les questions suivantes :

Besoin d’aide ?
Vous trouverez ci-dessous un lien vers les consultations non payantes en Hauts-de-France au sein du Pôle Régional de Spécialisation sur les Addictions aux Jeux.
Vous serez accueillis par des professionnels spécialisés sur la question des problématiques de jeu.
Vous pouvez trouver de l’écoute et du soutien quel que soit votre objectif par rapport à votre pratique de jeu (parler d’une difficulté, diminuer les problèmes de jeu, se fixer des limites et mieux se contrôler ou arrêter de jouer).
Personne ne vous obligera à changer ou arrêter de jouer si vous ne le souhaitez pas, mais vous allez au moins pouvoir parler à des professionnels à l’écoute de vos problématiques de jeu.
N’oubliez pas que vous pouvez aussi en parler aux personnes qui vous accompagnent déjà, à votre médecin traitant et à votre entourage.
Vous pouvez trouver différents sites permettant de vous orienter vers une consultation sur les addictions aux jeux en France :
-Le Réseau La Guilde est un réseau national de cliniciens et thérapeutes autour du jeu vidéo y compris de l’usage excessif. Ce réseau est porté par l’Hôpital Marmottan à Paris. Le lien suivant permet de trouver une consultation concernant les problématiques de jeux vidéo https://www.hopital-marmottan.fr/laguilde/carte.html
–Institut Fédératif des Addictions Comportementales (https://ifac-addictions.chu-nantes.fr/) est porté par le CHU de Nantes et propose de nombreuses informations sur les addictions comportementales y compris pour le jeu vidéo. Une page de leur site est dédiée à un annuaire des centres accompagnant des joueurs (https://ifac-addictions.chu-nantes.fr/annuaire-des-centres-de-soins-1)
Il n’est jamais trop tard pour agir sur son comportement !
Voilà quelques conseils pour réduire le risque de jeu excessifs et ses conséquences :
- Se questionner sur son rapport au jeu : est-ce que le jeu est un loisir ou une obligation pour moi ?
- Mesurer à chaque session de jeu le temps que je passe à jouer
- Anticiper un temps de jeu à chaque fois que je fais une session de jeu et m’y tenir
- Utiliser des alarme et/ou minuteur pour savoir quand s’arrêter de jouer
- Accepter le contrôle familial et/ou parental sur le temps de jeu et l’accès au jeu
- Placer un rappel près de l’écran
- Savoir mettre des sessions de jeu au bon moment (après une obligation que j’ai réalisée)
- Ne pas laisser constamment son ordinateur et sa console branchés ou en veille
- Gardez des moments « sans écrans » (à table, le week-end, …)
- Débrancher, ranger et/ou changer d’endroit mes appareils de jeu pour ne pas être tenté
- Savoir remettre à son entourage son smartphone et/ou console pour se « déconnecter » un instant
- Laissez les consoles et écrans dans un lieu de passage pour être avec les autres et garder des repères à la maison
- Annoncer à mon groupe de joueurs que je vais moins jouer ou ne plus faire autant dans le jeu
- Faire attention de ne pas trop jouer à la sortie d’un nouveau jeu ou d’une nouvelle saison d’un jeu
- Évitez le jeu nocturne pour ne pas trop se décaler sur le sommeil
- Se forcer à garder contact avec l’entourage (amis, famille, connaissances) en dehors du jeu (en face à face)
- Eviter que le jeu soit l’unique loisir et développer d’autres loisirs
- Retirer la carte bleue des sites de jeux, console et smartphone et éloigner la carte bleue pour ne pas être tenté d’acheter
- Parler de ses difficultés (liées ou non au jeu vidéo…), il y a peut-être des personnes de confiance avec qui on peut discuter (amis joueurs ou non, parents, professionnels, …)
Ces conseils sont fondés sur l’expérience clinique du PRéSAJ accompagnants des joueurs excessifs depuis plus de 15 ans.