PRéSAJ

Je suis proche d’un joueur de jeux vidéo

Le jeu vidéo est avant tout un loisir majeur et socialement partagé. Il a dépassé en termes de loisir le cinéma.

Le jeu vidéo a fortement évolué au cours des générations avec des bornes d’arcade des années 80, des consoles de salon et portables dans les années 90, en passant par l’avènement d’Internet dans les années 2000 jusqu’au smartphones actuellement. Il continuera certainement d’être en évolution constante dans les formats et les pratiques.  

Le jeu vidéo est devenu plus accessible au cours du temps. Il peut être joué partout en tous lieux et ne nécessite plus forcément de dépenses financières (free to play, jeu gratuit)

 

Les motivations à jouer aux jeux vidéo peuvent être très variées :

  • La socialisation en rencontrant d’autres joueurs et en discutant avec eux.
  • Se divertir
  • Se détendre
  • Le plaisir
  • Le challenge (la compétition)
  • La curiosité
  • La compétition
  • Se stimuler
  • Rompre l’ennui
  • Passer le temps
  • S’affranchir du réel et de ses contraintes
  • Pour l’esthétique de l’univers proposé

On peut retrouver certains aspects positifs à jouer en termes de stimulation :

  • développer les capacités de stratégie (par ex., anticiper, planifier des actions, s’adapter au changement, analyser, résoudre des problèmes)
  • avoir une coordination visuelle et motrice efficace (le balayage visuel pour analyser une situation, se repérer dans l’espace et agir rapidement)
  • pouvoir se concentrer (avoir une attention sur le jeu et les objectifs à mener)

 

Au niveau social, les jeux vidéo en ligne peuvent être bénéfiques puisque ce sont des outils de communication entre plusieurs joueurs (jeux multi-joueurs). C’est aussi un moyen de tisser des liens avec d’autres personnes, de s’intégrer et participer au groupe de joueur, voire de bénéficier de la reconnaissance des pairs (autres joueurs). Les interactions entre joueurs peuvent se faire aussi en de multiples langues constituant un moyen d’apprentissage de l’anglais, entre autres.

L’aspect compétitif de certains jeux permet d’apprendre à faire face à la difficulté et à accepter les échecs. Ces aspects se retrouvent aussi dans les jeux solo (hors-ligne).

Une majorité des joueurs de jeu vidéo restent dans une activité de loisir sans qu’il n’y ait d’impact négatif du jeu dans leur vie.


Certains joueurs vont cependant développer un rapport excessif avec le jeu vidéo qui deviendra prédominant par rapport aux autres activités et obligations mais aussi envahissant dans leur quotidien.  

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) reconnaît le trouble lié aux jeux vidéo comme étant une problématique d’addiction.

Certains jeux vidéo sont plus addictogènes que d’autres et particulièrement les jeux vidéo en ligne qui présentent une forte composante sociale et/ou compétitive.

Certaines caractéristiques internes des jeux vidéo peuvent être addictogènes :

 

  • L’univers permanent (même si on ne joue pas, l’univers du jeu est actif 24h/24h)
  • Le jeu sans fin (même si on finit un aspect du jeu, on peut continuer à l’infini)
  • Les objectifs mis à jour dans le jeu et renouvelés constamment
  • Le facteur social (socialisation et compétition)
  • Les récompenses continues dans le jeu (Il suffit de jouer un peu pour continuellement obtenir des points d’expérience, objets, armes, etc.)
  • Les récompenses aléatoires dans le jeu (Certaines récompenses arrivent au hasard et il faut jouer beaucoup pour les avoir)

 

Les raisons pour lesquelles nous développons un comportement excessif de jeux vidéo sont extrêmement variées d’un individu à l’autre.

Nous pouvons par exemple retrouver des raisons familiales avec des tensions dans le milieu intra-familial, des raisons scolaires et professionnelles avec de la démotivation, des difficultés psychopathologiques avec l’anxiété ou la dépression, ou encore des raisons sociales comme des difficultés à communiquer avec autrui, des difficultés relationnelles ou du harcèlement.

Le jeu vidéo deviendra dans certains cas un moyen de réguler les émotions négatives, de moins penser au quotidien, de s’échapper des problèmes ou de les éviter. Si cette stratégie devient prioritaire dans la vie de la personne le risque d’usage excessif de jeux vidéo peut devenir plus important.

Un joueur qui bascule vers un excès de jeu vidéo va progressivement changer son comportement. Dans le tableau suivant, vous trouverez quelques signes sur lesquels nous pouvons nous baser pour comprendre l’évolution d’une pratique de jeu récréative vers du jeu excessif (chaque personne pouvant avoir des signes d’alertes différents). Les signes d’alerte sont centrés autour de la perte de contrôle et des dommages liés à la pratique de jeu.

En tant qu’entourage, le jeu vidéo est souvent devenu « l’ennemi » et nous supportons mal de voir notre ou nos proche(s) s’enfermer dans cette pratique de jeu. Cependant, le jeu vidéo ne peut être que la partie émergée de l’iceberg. D’autres difficultés ou souffrances peuvent également expliquer ce phénomène de repli. Si le joueur passe autant de temps sur sa pratique de jeux vidéo, c’est qu’il en retire également des bénéfices et de la satisfaction. Le jeu vidéo est bien souvent devenu un sujet tabou dans la famille qui déclenche des disputes ou que l’on s’interdit d’aborder.

 

Par ailleurs, en tant qu’entourage vous avez peut-être déjà essayé à plusieurs reprises de remettre un cadre sur l’usage des écrans avec des résultats plus ou moins heureux et plus ou moins de réussite. Beaucoup d’entourages évoquent avoir baissé les bras quant au cadre vis-à-vis des écrans. Pour des enfants et des adolescents, il faut faire attention au fait de penser qu’ils sont en parfaite capacité de s’autocontrôler. Bien sûr, la capacité d’autocontrôle n’est pas la même à 8 ou 15 ans mais notre capacité à nous contrôler, à « savoir dire stop », à « ne pas faire », évolue très tardivement jusqu’à l’âge de 25 ans environ. Il est peu envisageable de tout miser sur la capacité d’autocontrôle de l’enfant ou de l’adolescent un cadre parental reste nécessaire à adapter selon les pratiques, les valeurs familiales, et les âges.

 

Les quelques conseils suivants peuvent vous aider remettre en place une communication et un cadre autour du jeu vidéo :

 

  • S’interroger et se positionner par rapport à la pratique de jeu : est-ce que refuse d’entendre parler de jeu ? est-ce qu’il est possible pour moi d’accepter la présence du jeu vidéo ?
  • Savoir discuter et échanger sur la pratique du jeu vidéo (À quoi il/elle joue ? quel type de jeu ? est-ce qu’il/elle joue avec d’autres ? est-ce qu’il/elle a des amis dans le jeu ? combien de temps peut durer une partie ? qu’est qu’il/elle fait dans le jeu ? Qu’est ce qui en ressort comme plaisir ou satisfaction ?).
  • Penser aux différentes pratiques des écrans (par ex., manga, anime, musique, apprentissage, intérêts divers et variés). Ce n’est pas parce que on est derrière un écran qu’il s’agit forcément de jeux vidéo. Différentes pratiques des écrans peuvent être enrichissantes.
  • Intéressez-vous aux différentes pratiques des écrans
  • S’interroger sur le cadre : Est-ce qu’il y a un cadre et des moments spécifiques à l’utilisation des jeux et écrans au sein du foyer ? Est-ce que ce cadre est clairement défini ? Est-ce que le cadre est respecté ? ou est-ce que la pratique de jeu empiète constamment sur le quotidien ?
  • Quel cadre mettre en place ? (Par ex., choisir les heures autorisées d’accès aux écrans, présence d’écran en fonction des obligations réalisées, mettre en place des contrôles parentaux sur les consoles et smartphones, savoir donner un temps de jeu ajusté à la pratique et au type de jeu, un temps trop court amène parfois trop de frustration, un temps trop long empiètera sur le reste des activités).
  • Être à l’écoute des envies d’activités autres que le jeu vidéo et les écrans, et proposer des activités extérieures et/ou familiales ?

Au-delà des conseils proposés sur ce site, il est toujours possible de consulter un professionnel qui accompagne les personnes ayant des problématiques de jeu et leur entourage.

Vous trouverez dans le lien ci-dessous les consultations non payantes en Hauts-de-France au sein du Pôle Régional de Spécialisation sur les Addictions aux Jeux.

En tant qu’entourage de joueurs, vous serez accueillis par des professionnels spécialisés sur la question des problématiques de jeu. Vous pouvez trouver de l’écoute et du soutien concernant les difficultés que vous percevez chez votre proche, vos difficultés d’être dans l’entourage d’un joueur excessif mais aussi des conseils pour mieux parler aux joueurs et s’adapter aux situations problématiques.

N’oubliez pas que vous pouvez aussi en parler aux personnes qui vous accompagnent déjà, à votre médecin traitant et à vos proches. Si possible, ne restez pas isolé.

Vous pouvez trouver différents sites permettant de vous orienter vers une consultation sur les addictions aux jeux en France :

 

-Le Réseau La Guilde est un réseau national de cliniciens et thérapeute autour du jeu vidéo y compris de l’usage excessif. Ce réseau est porté par l’Hôpital Marmottan à Paris. Le lien suivant permet de trouver une consultation en lien avec les problématiques de jeux vidéo https://www.hopital-marmottan.fr/laguilde/carte.html

 

Institut Fédératif des Addictions Comportementales (https://ifac-addictions.chu-nantes.fr/) est porté par le CHU de Nantes et propose de nombreuses informations sur les addictions comportementales y compris pour le jeu vidéo. Une page de leur site est dédiée à un annuaire des centres accompagnant des joueurs (https://ifac-addictions.chu-nantes.fr/annuaire-des-centres-de-soins-1)